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Ce livre a été créé avec Ellipse par Simone Berthier, 78 ans. Elle l'a offert à ses quatre petits-enfants le soir de Noël, avec ces mots : « Je ne sais pas écrire des livres. J'ai juste répondu à des questions, avec mon cœur. »

Un livre de mémoires

Ce que je voulais vous dire

Les mémoires de Simone Berthier

Pour Léa, Noah, Camille et Adam.
Pour que vous sachiez d'où vous venez.

Chapitre 1

Vallière, 1951

Je suis née dans une maison qui sentait le pain chaud, parce que mon père était maçon et ma mère, boulangère avant l'aube. À Vallière, tout le monde connaissait tout le monde, et personne n'avait grand-chose, mais on ne s'en rendait pas vraiment compte.

Mon père m'avait sculpté une toupie en bois de noyer. Je l'ai encore, quelque part dans un tiroir. Quand je la fais tourner, j'ai sept ans à nouveau, et le monde tient tout entier dans la cour de l'école et le clocher du village.

On n'avait pas grand-chose, mais on avait le temps. Ça, personne ne me l'enlèvera jamais.

Chapitre 2

Le bal du 14 juillet

J'avais dix-neuf ans, une robe bleue cousue par ma mère, et aucune intention de danser. C'est lui qui est venu me le demander, maladroit, en marchant presque sur mes pieds dès le premier pas. Il s'appelait Henri.

Il m'a raccompagnée jusqu'au bout de la rue, sans oser me prendre la main. Sous le grand châtaignier, juste avant la maison, il m'a enfin embrassée. Je suis rentrée sans faire de bruit, le cœur beaucoup trop bruyant pour l'heure qu'il était.

On s'est mariés deux ans plus tard. Je n'ai jamais regretté une seule danse de cette soirée-là.

Chapitre 3

Deux pièces, à Lyon

On s'est installés dans un deux-pièces au-dessus d'une quincaillerie, avec une table qui servait à tout. Henri travaillait à l'usine, les mains toujours un peu grises le soir. Moi, je comptais les fins de mois avant même qu'elles n'arrivent.

Anne est née un mardi de novembre, dans ce même deux-pièces. Je me souviens exactement de la lumière ce jour-là, grise et douce à la fois. On n'avait presque rien à lui offrir, et pourtant, ce jour reste le plus riche de toute ma vie.

Chapitre 4

L'hiver 1978

L'usine a fermé un vendredi, sans prévenir. Henri est rentré ce soir-là sans un mot, et j'ai compris avant même qu'il parle. L'hiver qui a suivi a été long, et froid, et j'ai recousu des robes de mariée le soir pour qu'on tienne.

Ce que je retiens de cet hiver-là, ce n'est pas la peur. C'est qu'on ne s'est jamais couchés fâchés, même les soirs les plus durs. Au printemps, Henri a retrouvé du travail. On a fêté ça avec une bouteille qu'on gardait depuis notre mariage.

Chapitre 5

Le jardin du dimanche

Plus tard, on a eu une maison avec un noyer immense et un carré de tomates qu'Henri surveillait comme un trésor. Chaque dimanche, toute la famille s'entassait autour de la grande table dehors, et le bruit des enfants qui couraient partout couvrait tout le reste.

Henri nous a quittés il y a quelques années, un matin de printemps, dans son jardin, entre deux rangs de tomates. Le dimanche, on se retrouve toujours sous le noyer. C'est là que je me sens le plus près de lui.

Chapitre 6

Ce que je voulais vous dire

Je n'avais pas de fortune à vous laisser. Alors j'ai couché mes souvenirs sur le papier, pour que vous sachiez d'où vous venez, et à quel point on vous a aimés avant même de vous connaître.

Ce que je voulais vous dire, c'est que rien de tout cela n'était extraordinaire. Un bal de village, un hiver difficile, un jardin. Mais c'était ma vie, et elle a été belle. J'espère que vous oserez, vous aussi, trouver la beauté dans les choses simples.

Je vous aime, pour toujours.
— Mamie Simone

Post-scriptum

« Je n'avais jamais entendu parler du bal du 14 juillet, ni de l'hiver 1978. Ce livre est maintenant sur ma table de nuit. Je le relis quand j'ai besoin de courage. Merci, Mamie. »

— Léa, sa petite-fille

Vous aussi, vous avez une histoire à transmettre.

En 20 minutes de réponses guidées, Ellipse transforme vos souvenirs en un vrai livre, prêt à être offert.

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